FanFiction n°4

FanFiction n°4
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x-bill-issimo-x : Deux frères que rien n'aurait pu séparer . Deux coeurs unis à jamais . Mais la maladie et la peur de la Mort auront eu raison de leur belle entente . Peut-être, avec un peu plus de franchise et beaucoup de passion, trouveront-ils le bout de ce lien cassé, et renoueront-ils avec leur passé ...


Et voilà donc pour vous Stich ins Glauque .
Quelques mots pour vous la décrire ? Non .
Je pense que l'implicite intertextuel du titre vous en dit déjà assez ...
Lisez , et n'hésitez pas à commenter !

Oui, je la reprends . Je n'ai rien à ajouter ! Ah, si, peut-être ! Avez-vous remarqué les petits bonus parsemés parmi les premiers chapitres ? Je suppose qu'ils devraient vous plaire ... n'hésitez pas à aller les voir, ils vous aideront à comprendre la suite de l'histoire !
# Posté le lundi 11 juin 2007 01:53
Modifié le jeudi 21 juin 2007 09:40

Carlson Bay Rats

Le scintillement stroboscopique du néon me réveille, puis un grésillement étrange me parvient, et je suis de nouveau plongé dans le noir . J'entends le moteur de la chaudière tourner, un étage au-dessus, quelqu'un doit prendre sa douche, ce qui signifie que je n'aurai pas d'eau pour la mienne . Tant pis . J'actionne plusieurs fois l'interrupteur, mais rien à faire, le néon est grillé . D'un coup de pied, je rejette toutes mes courvertures rapiécées et je suis saisi par le froid . Avant de devenir bleu, j'enfile un tee-shirt noir et un sweat-shirt à capuche de la même couleur , et baille bruyamment . J'aurais aimé dormir une heure de plus, ou peut-être même deux ... Je tends le bras pour atteindre la commode et fouille dans un tiroir . Un éclat de miroir et un crayon noir . Je cache les cernes de mes yeux sous le maquillage , et ébouriffe ma tignasse déjà hirsute . Il faut que je me lève ... le froid est encore plus douloureux qu'hier, j'ai peur de ne pas pouvoir passer tout l'hiver ici . J'entends des bourrasques souffler au dehors, et déjà, j'ai peur de ce qui m'y attend . J'enfile mon jean, qui glisse aussitôt sur mes cuisses . Merde . J'ai encore maigri . Je soulève ma veste, jetée au sol la veille, puis extirpe du canapé ma ceinture de cuir noir . Je la serre, et mon pantalon tient enfin sur mes hanches .
Il est vingt-et-une heures, ma journée peut commencer .
Je claque la porte sans prendre la peine de la verrouiller . Il n'y a rien là-dedans que l'on puisse vouloir me voler . Un rat détale entre mes jambes et j'ai un haut-le-coeur . je hais ces bestioles, depuis le jour où j'en ai vu quatre dévorer l'un des leurs en quelques secondes .
Le plâtre s'effrite, dans la cage d'escalier . Je grimpe quatre à quatre les marches branlantes, et l'immeuble me vomit dans l'hostilité de la rue . L'odeur de la neige, qui tombe sans discontinuer, me libère de la moisissure de mon taudis en sous-sol, et je respire à pleins poumons une grande goulée d'air glacial . Dans la poche intérieure de ma veste, mes outils de travail me pèsent . Comme toujours j'attends la tombée de la nuit pour sortir, je ne suis rien de plus qu'un gosse des rues, un gamin oublié, semblable aux milliers d'autres qui peuplent la ville . Un conteneur de l'autre côté de la rue dégueule des immondices, et déjà, de toutes les ruelles, surgissent des jeunes hagards, les pupilles dilatées et la démarche incertaine .
Allez Bill, c'est à toi . Lance-toi sur la piste aux étoiles, gagne de quoi survivre, et oublie tout dans un fix d'héroïne bon marché ...
Carlson Bay Rats
# Posté le lundi 11 juin 2007 02:08

Santa Cruz Bombs

Il est vingt-et-une heures, je vais pouvoir sortir . Andréas fait une fête demain, et moi je n'ai plus de matos' . J'en ai besoin, pourtant . Dimitri, mon dealer, m'a dit qu'il avait reçu une excellente coco, mais ce soir j'ai besoin d'autre chose .J'ai besoin de mon fix d'héro . Je pioche discrètement 500 euros dans le porte-monnaie de ma mère, et comme toujours, elle feint de ne pas me voir . Elle sait que je la vole, elle sait aussi que je ne vais pas en cours tous les jours. Mais elle n'a pas d'emprise sur moi . Elle ne peut rien faire pour m'empêcher de vivre ma vie comme je l'entends .
J'attrape les clés de sa voiture et claque la porte sans un mot . Je lui fais du mal, et j'adore ça . Allez Tom, fonds-toi dans la masse, compose-toi le masque de gosse de larue, comment ils disent déjà ? Ah oui, le masque de CBR , de Carlson Bay Rat .
Première à gauche, et puis tout droit jusqu'en Enfer ...
Je quitte mon quartier tranquille en faisant vrombir le moteur de la voiture, et file jusqu'au bidonville. Les immeubles, au fur et à mesure que j'avance, sont de plus en plus délabrés . la neige elle-même ne parvient pas à cacher la misère qui colle aux murs de cette partie de la ville .
Qu'est-ce que c'est que cet attroupement ? Il y a une vingtaine de jeunes regroupés, à cent mètres, et c'est rare dans le coin, en général ils s'évitent ... Je ralentis et me gare un peu à l'écart . Dans un "bip-bip" sonore, la voiture se verrouille et je m'avance à pieds, mon baggy trainant dans la neige sale . J'entends les cris de tous ces junkies, il y en a un qui se détourne pour vomir et je commence à m'inquiéter . Ici, on n'est jamais sûr de ce qu'on voit, et quand ça dégénère ...
Je me fraie un passage parmi ces corps maigres et puants, et débouche sur l'Horreur . L'Horreur, oui, c'est le mot exact ...
Santa Cruz Bombs
# Posté le lundi 11 juin 2007 02:29

Carlson Bay Rats

Personne ne dit plus rien, mais tout le monde sait qui est responsable de ce massacre . Le Grand Dimitri, dealer de rablah, est suspendu par les entrailles, à un mètre du sol , sur la façade de son immeuble . Il a été cloué là pour nous avertir, d'ailleurs l'effet est saisissant ... sa gorge est tranchée, et du sang goutte encore sur le trottoir enneigé .
Le prochain, ce sera peut-être Andy, ou Carlos ... ou même moi . DaemonSword nous envoie un message : on finira tous par y passer . DaemonSword ... ce salaud n'en a jamais assez, ce n'est ni la drogue ni le sexe qui nous l'amènent, non, c'est juste le besoin de tuer, l'envie de chair et de sang , c'est une bête sanguinaire , le Démon de notre Enfer . Ce surnom, c'est lui qui se l'est donné, en signant toujours ses crimes du sang des victimes . Ce mec est malade, c'est certain, et personne n'est encore là pour dire quel visage il a . Ce pourrait être l'un d'entre nous . Marcus, Tony, Anika ... Ce pourrait même être Maggie, que je vois sangloter assise par terre . Elle se balance d'avant en arrière, la tête entre les genoux . Je m'approche lentement d'elle .

"-Hey, Mag' ... Je suis dé...désolé.
-Bill le Bègue ...j'ai pas envie de te parler ... j'ai envie de parler à personne ... excuse-moi .
-Ok ... je te com-comprends. Si jamais tu-tu as besoin tu sais où me trou-trouver .
-Merci ."


Je la laisse, et m'éloigne du spectacle morbide . C'est écoeurant, cette fascination qu'ont les gens pour l'Horreur . Ouais, l'Horreur, c'est le mot .
Bientôt, il faudra que quelqu'un se dévoue pour décrocher le corps du Grand Dimitri ... et Maggie Staggson deviendra la fille d'un autre . Elle est mignonne, elle trouvera facilement un junkie pour la garder sous son aile . Peut-être que ça tient chaud, la nuit, une fille ...
Carlson Bay Rats
# Posté le lundi 11 juin 2007 02:43

Santa Cruz Bombs

Merde ! sans Dimitri, moi j'ai plus de came ! L'image que j'ai sous les yeux est répugnante, mais je n'arrive pas à en détacher mon regard . Pourtant, il va falloir que je trouve quelque chose pour la fête d'Andréas , alors je finis par me retourner et emprunter la ruelle des échanges . J'enfonce mes mains au fond des poches de mon baggy en frissonant . Putain ! Ici, le thermomètre doit chuter de quelques degrés par rapport au reste de la ville ! Ne dit-on pas brûler dans les flammes de l'Enfer ? Mais à Carlson Bay, les flammes sont intérieures, et rongent les corps des camés ...
Je shoote dans une canette de bière vide et elle va rouler sous un vieux carton . Moi, je continue mon chemin . Je vais devoir me trouver un autre dealer régulier, ou bien j'en serai réduit à dépendre du hasard, et je déteste ça . Il me faut le contrôle sur ma vie .
Un mouvement sur ma droite me fait tourner la tête, et je vois dans un renfoncement un type louche en train de plaquer au mur une fille trop maigre pour se défendre . D'habitude , je laisse faire, ce ne sont pas mes affaires . Mais aujourd'hui, j'ai besoin que quelqu'un paie pour l'assassinat de Dimitri, alors pourquoi pas ce mec ? La nana est canon, même maigre et acculée . Je m'approche et lance :

"-Hé connard ! On t'a jamais dit de t'attaquer à des gens de ta corpulence ?
-Ta gueule Minet ! Retourne dans tes quartiers de bourge et me les pète pas !
-Rigole pas trop, je risquerais de te les péter pour de vrai ... tu serais bien embêté, pour baiser, hein ?
-Lache-moi j'ai dit !
-C'est toi qui vas lacher . Tu vas lacher ses mains, et te casser vite fait ."


Il me jauge, évaluant sans doute mon aptitude au combat . Je ne suis pas une baraque, mais aujourd'hui, c'est de la haine qui coule dans mes veines, et avec ce carburant-là, je suis capable du pire . Mon air menaçant et mes poings déjà serrés ont l'air de le faire réfléchir , et puis après quelques insultes crachées au visage de la fille , il se barre .
Santa Cruz Bombs
# Posté le lundi 11 juin 2007 03:07